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30 Mars 2013
Expert-consultant- conseil - entrepreneur, Richard Mermoz K. DEKANMEHOLOU est en réalité le Président Directeur Général PDG, de la société PEBOUM SOURCE DE VIE. Interrogé par rapport à la nouvelle stratégie choisie par le Fonds national pour la promotion de l’entreprise et de l’emploi des jeunes Fnpeej, celle de travailler dorénavant avec les banques et les Institutions de micro-finance dans sa collaboration avec les entreprises privées, il a accepté d’opiner sur ce new partenership.
Ecoutez, si je parle maintenant on dira que PEBOUM a encore parlé. Vous savez, le Fonds national pour la promotion de l’entreprise et de l’emploi des jeunes (Fnpeej), est un partenaire technique et financier très important dans la vie de mon entreprise. Un partenariat gagnant-gagnant à travers lequel on se doit une réciprocité et une mutualité de franchise et de soutien. De ce fait, PEBOUM (Plan d’Expertise Basée sur les Organisations Ultra-Multisectorielles) se doit d’apporter par ma modeste personne sa pierre à l’édification du Fonds.
PROVIDENTIEL NEWS: Mr Richard DEKANMEHOLOU, il nous a été très difficile cette fois-ci de vous rencontrer. Ça remonte à plusieurs jours qu’on essayait de réaliser cette interview sans succès. On a fini par comprendre que vous êtes très préoccupé par la réussite de votre société. Seulement, on a voulu juste puiser un peu de votre temps pour recueillir votre point de vue sur l’option faite par le Fnpeej de travailler avec les banques et les Institutions de micro-finance (Imf). En effet, la sincérité de vos paroles et votre spontanéité à partager volontiers vos savoirs et votre expertise, nous a mis à votre trousse depuis des jours. Aujourd’hui, la chance nous sourit puisqu’on a fini par vous rencontrer.
Richard DEKANMEHOLOU, PDG/PEBOUM : Ecoutez, si je parle maintenant on dira que PEBOUM a encore parlé. Vous savez, le Fonds National pour la Promotion de l’Entreprise et de l’Emploi des Jeunes (Fnpeej), est un partenaire technique et financier très important dans la vie de mon entreprise. Un partenariat gagnant-gagnant à travers lequel on se doit une réciprocité et une mutualité de franchise et de soutien. De ce fait, PEBOUM (Plan d’Expertise Basée sur les Organisations Ultra-Multisectorielles) se doit d’apporter par ma modeste personne sa pierre à l’édification du Fonds. Je ne peux jamais souhaiter qu’il s’effondre ; ce qui n’est d’ailleurs pas possible, du simple fait que l’équipe de direction de cette prestigieuse institution regroupe des élites en matière de conduite de tels projets. Je n’oublie pas les cadres de ses structures faîtières comme par exemple ceux du Ministère de la Micro-finance. Je suis donc extrêmement ravi de la reprise des activités de financement de cette noble structure. C’est très heureux que le FNPEEJ veuille travailler avec les banques et les institutions de micro-finance. Voilà une décision salutaire qui mérite ovations et large soutien.
Cependant, cette option doit être managée avec beaucoup de doigtée puisqu’elle comporte un petit traquenard qu’il est impérieux de souligner en ce qui concerne les banques. Vous n’êtes pas sans savoir que la banque vous accompagne seulement quand vous réussissez ou quand elle sent que vous avez du potentiel pour réussir. Ce qui compte pour la banque, c’est ce qu’elle place dans votre entreprise et les intérêts que ce placement lui génère, ni plus ni moins. Ajouter au fait que la plupart des banques au Bénin ne prennent pas trop de risques, ce qui est leur droit le plus absolu, je me dois de sonner l’alerte. Si les institutions de financement venaient à s’engager avec vous, elles n’ont qu’un seul souci : comment rentrer dans leur fonds conformément aux échéanciers de remboursement ; ce qui ma foi, est bien logique. Les banques et les institutions de micro-finances (Imf) ne doivent pas s’arroger le suivi et le coaching à l’instar de ce qui relève des prérogatives du Fnpeej. Une fois qu’elles jugent les projets banquables, ces derniers recevront le financement.
Mais sur le terrain, si les promoteurs n’exécutent pas les activités telles que prévues par les business plans, la grande responsabilité devra peser sur le Fnpeej en cas de déconvenues. Nous savons tous que le pilotage de projets traverse le plus souvent des phases d’ajustement. Considérant que toutes les jeunes entreprises doivent dépendre de ce Fonds de façon fonctionnelle, une importance capitale doit être accordée à ce point pour en faire un véritable pôle de promotion et de développement des entreprises au Bénin.
En effet, il se pose avec acuité à ce niveau, la question fondamentale de la formation des futurs entrepreneurs au profit d’une réelle promotion de l’entrepreneuriat au Bénin, puisque c’est de ça qu’il s’agit. De ce point de vue, le Fnpeej doit faire des choix conséquents et objectifs en termes d’accompagnement et de coaching des futurs candidats à l’auto-emploi. Le rôle de gardien et de stimulateur incombe au Fnpeej au plus haut point et non nécessairement à ses futurs partenaires financiers que sont les banques et les IMF. Ici, il ne s’agit pas d’un financement ordinaire (banques-entreprises), mais plutôt d’un accompagnement financier classique tripartite (banques/Imf-entreprises-Fnpeej). Dans ce schéma, le Fnpeej apparaît comme facilitateur d’accès au financement. Mais, il ne doit pas abandonner pour rien au monde, sa mission régalienne de promotion de l’entreprise et de l’emploi des jeunes.
Par ailleurs, le Fnpeej doit capitaliser les expériences de sa première phase d’exécution afin d’en faire un véritable référenciel. A mon avis, une conclusion importante se dégage de la première phase d’exécution de ce Fonds et le phénomène mérite d’être vécu à juste titre. Ceci pourrait normalement permettre la prise de décisions et de résolutions fortes et idoines. Mais malheureusement, la réalité semble échappée à toute analyse. Peut-être que cela fait l’objet de débats à l’interne. Seulement, il est fondamental que le peuple béninois en prenne conscience à des fins utiles. Il s’agit du fait que de milliers d’entreprises naissent et meurent depuis toujours au Bénin à l’insu des autorités ayant à charge la question de l’entreprise et donc de développement puisque ce sont les entreprises qui font le développement. En outre, plus les entreprises se créent et se développent dans une nation, plus celle-ci prospère. Mais, il se trouve que du fait de la non maîtrise des secteurs et surtout du marché, plusieurs entreprises sont souvent vouées à l’échec dès leur création. Cette situation, crée chez les victimes : déception, amertume, désolation et dégoût pour ne s’en tenir qu’à ces essentiels.
Au-delà de tout, ceux qui ont été une fois victimes de ces cas d’espèces, ont vraiment peur d’entreprendre à nouveau. Et partant, tous ceux qui en sont témoins. Les fonds propres qu’ils investissent sont pour la plupart du temps épargnés, mobilisés pendant plusieurs années. Donc après un échec foudroyant, ces promoteurs ne veulent plus prendre les mêmes risques de peur de retomber dans des travers typiques. Dans nombre de cas, ils n’étaient ni soutenus, ni accompagnés avant l’avènement des structures nationales d’appui à l’auto-emploi telles que le Fnpeej, le Fnm (Fonds national de la micro-finance), l’Anpme (Agence nationale pour la promotion des petites et moyennes entreprises), l’Anpe (Agence nationale pour l’emploi) et j’en passe. Pire, ils n’étaient pas préparés aux différents risques qu’ils prenaient en décidant d’entreprendre. Désormais, ils préfèrent se fier à leur misérable statut de salariés incongrus, généralement défavorisés. Maintenant que l’Etat lui-même a expérimenté le dramatique phénomène des entreprises à grands risques, il urge qu’il en ressorte une conclusion de fait. Le peuple souffre et il faut pouvoir le dire à haute et intelligible voix. De toute façon, nous devons avoir le courage de regarder la réalité en face si nous voulons vraiment sortir le Bénin de la fatalité et de l’impasse. Plusieurs idées restent à développer, mais permettez-moi de m’en arrêter là.
Que préconisez-vous pour une véritable émergence de l’entrepreneuriat au Bénin ?
Vous savez mieux que moi qu’un environnement qui ne promeut pas l’entrepreneuriat ne favorise pas le développement. Voilà pourquoi l’Etat Central doit beaucoup investir dans la promotion de la créativité et l’esprit d’initiative afin de susciter l’émergence de jeunes entrepreneurs. Tout ceci doit se faire en phase avec la boussole de développement puisqu’il ne s’agira pas de créer pour créer. Autrement, l’Etat Central doit définir les domaines de créativité en tenant compte de ses objectifs de développement. L’autre aspect est que l’Etat doit aussi former son peuple en se basant sur ses objectifs et ses priorités de développement. Le temps est maintenant venu de rompre avec la généralité afin d’aller très tôt à la spécialisation des compétences.
Ainsi, je préconise comme perspectives que les stratégies actuelles du Fnpeej, conduisent progressivement à la promotion d’un système éducatif formel axé sur les priorités de développement de l’Etat béninois. Aussi, l’Etat béninois doit-il investir dans la création de la Banque Centrale du Bénin pour l’Entrepreneuriat (Bcbe). Cette Banque aura toutes les fonctionnalités d’une institution bancaire. Elle sera dirigée de mains de maître par l’Etat central ; mais ses actions seront majoritairement détenues par des privés locaux. Elle sera surtout spécialisée dans le financement des microprojets, le suivi de la carrière des jeunes entrepreneurs et de leurs entreprises de même que dans le financement des études de marché à petite échelle pour microprojets grâce aux subventions de l’Etat central.
En effet, une base de données bancaire lui permettra de suivre l’entrepreneur et son entreprise à partir du compte entreprise. Ceci permettra de solliciter en cas de nécessité, le concours de l’Etat central pour secourir les entreprises viables en difficultés du fait d’un impondérable. À ce niveau, il se pose l’épineuse question de l’introduction des technologies de l’information et de la communication (Tic) dans le système de gestion de la carrière de l’entrepreneur au Bénin.
En outre, tout doit être mise en œuvre à travers une plateforme informatique pour éviter d’abord et avant tout, la création des entreprises sans lendemain. Ensuite, il faudra rompe avec la faillite des entreprises viables naissantes en particulier et de toutes les entreprises viables en général grâce à une véritable politique de suivi. Une entreprise qui tombe, c’est plusieurs emplois directs et induits qui partent en fumé avec plusieurs familles sous le choc. L’économie dans ces conditions chancelle et c’est le développement qui en souffre...
Avez-vous mené des démarches vers l’actuelle directrice du FNPEEJ ?
Dans une correspondance que j’ai adressée à l’actuelle Directrice Générale du FNPEEJ, en la personne de Mme Sylvie DO-REGO, j’ai suggéré que s’il n’y a pas assez d’eau, on peut néanmoins se servir du peu dont on dispose pour arroser les arbres qui poussent déjà plutôt que de s’en servir pour planter d’autres arbres. En effet, cela ne signifie pas que je condamne la création de nouvelles entreprises. Au contraire, cela doit être la vision première du Fonds : créer plus d’entreprises dans un environnement qui s’y prêt bien. Cependant, on doit tenir compte des ressources disponibles tout en sachant que les premiers promoteurs servent de cobayes sur lesquels il faut fonder plus d’attention. Autrement, si ces promoteurs sont abandonnés ou vilipendés pour quelques raisons que ce soit, cela porte à croire que dans l’entrepreneuriat, la vie est toujours rose.
En réalité, l’entreprise utilise ses phases de difficultés pour mieux forger son background. Donc, en aidant les anciens promoteurs en difficulté à se relever en leur apportant juste ce qui leur manque, c’est montrer aux futures générations d’entrepreneurs qu’on peut tomber, mais le plus important est de pouvoir se relever.
En outre, le monde de l’auto-emploi est un univers très difficile qui nécessite une bonne dose d’audace et de l’esprit de sacrifice. Cependant, c’est un monde fascinant. En y entrant, vous refusez de survivre désormais à l’histoire, mais de faire l’histoire. Tel est le seul véritable motif qui pousse à devenir entrepreneur : fait l’histoire et non survivre à l’histoire. Plus vous y pensez, plus cela vous propulse vers le succès. Au-delà de tout, les entrepreneurs, les institutions de financement, l’Anpe, l’Anmpe, le Fnm, le Fnpeej et le Ministère de la Micro-Finance doivent se lever comme un seul homme en combinant leurs expériences, leurs méthodes, leurs ressources et leurs passions pour faire du Bénin un véritable model de Nation émergente en Afrique dans un univers de grand respect des droits de l’homme et des valeurs démocratiques.
Qu’avez-vous à dire d’essentiel pour terminer ?
Je profite de cette opportunité que vous m’offrez pour saluer Mme Rébecca DOSSOU-GBETE, l’ancienne Directrice Générale du Fonds pour ses nobles combats et Mme Sylvie do-REGO l’actuelle Directrice Générale pour son engagement. Je n’oublie pas son Excellence Mme le Ministre de la Micro-finance Reckya MADOUGOU et tous les responsables à divers niveaux qui ont à cœur la question de la problématique du financement des entreprises de jeunes en particulier et du développement du Bénin en général.
Une fois encore, je réitère ma gratitude au Chef de l’Etat, son Excellence le Dr Boni YAYI pour sa spontanéité à autoriser la création du FNPEEJ et son engagement indéfectible pour le développement du Bénin, sachant bien entendu que beaucoup de choses restent encore à faire. Partant du principe qu’une seule hirondelle ne fait pas le printemps, j’implore l’indulgence de tous les citoyens béninois et africains pour une reconversion positive des pensées et des attitudes. Ce qui compte pour un individu, ce n’est pas ce qu’il est, mais plutôt ce qu’il fait pour transformer et améliorer sa vie et celles des autres dans une certaine visée de conscience citoyenne. Pour un Bénin nouveau et une Afrique nouvelle, nous devons nous engager avec humilité, dévotion et professionnalisme. Aussi, devons-nous cesser d’être le reflet de notre temps, afin d’en faire le reflet de nos pensées fortes, positives et décidées. Vive PEBOUM, vive le Bénin et vive l’Afrique. Je vous remercie.