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Exclusivité Jacques Mama Suanon Dg Ogsb: " L'Ogsb est un établissement public d'abord à caractère social. En tant que tel, nous avons pour mission d'offrir des prestations aussi bien sportive, culturelle et religieuse. "

« Si ma tête plaisait à ceux qui le disent, je ne serais pas aujourd'hui l'objet de critique. Maintenant que je crois comprendre que ma tête ne leur plaît peut-être pas, ils ne comprennent pas que je sois là. C'est leur droit d'apprécier ce que je fais. C'est leur droit également de penser que je fais mal. Mais heureusement pour moi, ils ne sont pas les seuls à donner une appréciation de ma prestation. Pour mieux apprécier, c'est à la fois le personnel que je dirige et les usagers des services que nous fournissons. Je leur recommande de donner la parole aux usagers qui sont plus nombreux. Je ne suis pas contre la critique même quand elle est acerbe. Au contraire, ceux-là nous permettent de mieux faire chaque jour. Ils peuvent avoir raison. Là, on peut en profiter pour tirer partie de cette critique. C'est à cela que je m'emploie. En revanche, j'ai des gens qui m'apprécient puisqu'il y a tous les jours les clients qui viennent. Si tous les usages du stade de l'amitié pensaient que je faisais mal est-ce je pourrais être à mon poste encore ? Pour mieux comprendre cet état de chose, il faut que je dise quelle est notre mission et qu'est-ce que l'Ogsb. L'Ogsb est un établissement public d'abord à caractère social. En tant que tel, nous avons pour mission d'offrir des prestations aussi bien sportive, culturelle et religieuse… »

Providentiel news: Monsieur le Dg est-il possible de voir se dérouler plusieurs activités simultanément au stade de Kouhounou?

DG/OGSB: Nous avons des activités sportives tous les jours, notamment les week-ends et d'autres activités à caractère culturel ou religieux parfois avec une certaine simultanéité. Pour mieux comprendre cet état de chose, il faut que je dise quelle est notre mission et qu'est-ce que l'Ogsb. L'Ogsb est un établissement public d'abord à caractère social. En tant que tel, nous avons pour mission d'offrir des prestations aussi bien sportive, culturelle et religieuse. Le stade s'étend sur une superficie suffisamment grande ; ceci permet le déroulement des activités simultanément. N'est-ce pas que ce que nous mettons à la disposition du public est très varié. L'esplanade intérieure elle-même étant assez vaste peut être occupée par plusieurs clients. Vous avez également l'esplanade extérieure où nous avons diverses activités à la fois. C'est une bonne chose. Maintenant est-ce que c'est gênant que lorsqu'il y a par exemple une campagne d'évangélisation qui se passe généralement dans la nuit que des gens viennent faire leur sport ? Où se trouve la responsabilité de l'Office quand il faut stigmatiser cela. Je ne sais pas parce que normalement, quand nous avons un client qui a des exigences particulières, il me semble qu'il est bon que nous soyons associés à l'organisation. Et dans ce cas, il faut mettre un dispositif d'orientation ou de sécurité pourquoi pas pour assurer la sérénité de la manifestation. Quand c'est un culte religieux, les organisateurs qui en ont d'ailleurs une grande expérience l'ont toujours fait sans incident.

Vous dites qu'un expert français a désapprouvé cette situation. Je ne connais pas mais je vous dis qu’en France, un stade peut recevoir l'exercice de plusieurs activités à la fois -parce que ses offices sont généralement les mêmes -. J'ai vu à la pelouse intérieure des activités artistiques pendant que dehors les gens continuent leur footing. Et là, il faut préciser que c'est dans un contexte où l'espace est plus réduit que chez nous. Ça fait partie des stades les plus grands de la sous-région pour ne pas dire d'Afrique : 33 hectares, ce qui est un atout qui permet d'offrir nos prestations à une clientèle variée à la fois. Dans la pratique, je n'ai pas enregistré de plainte par ceux qui organisent les messes ni de la part des sportifs eux-mêmes. Vous savez, le jour où le Pape est venu ici, il avait un grand dispositif policier. Cependant ceux qui ont voulu faire leur sport, l'ont fait tranquillement dehors. Je ne pense pas que cela puisse constituer un danger pour les organisateurs d'une messe par exemple lorsqu'à 100 voire 200 mètres de là quelqu'un décide de faire son footing ou bien de faire du sport.

Je suis surpris parce que c'est la première fois que j'entends une pareille observation. Nous sommes habitués à le voir ainsi et ça s'est toujours très bien passé. Est-ce que véritablement, il faut défendre à ceux qui veulent faire du sport la nuit au terrain de le faire lorsqu'il y a à l'esplanade intérieure une messe? D'habitude, lorsqu'il y a des problèmes qui méritent une attention comme celle-là, je suis avisé et au besoin on prend les dispositions qu'il faut. Dans le cas d'espèce, tous les citoyens béninois savent que ça ne gêne pas. Bien sûr quand il faut associer l'Office lorsqu'il y a danger, nous sommes en mesure avec la collaboration des forces de sécurité publique d'assurer la sécurisation et la sérénité des manifestations.

Dites-nous si vraiment vous bénéficiez de la protection du chef de l'Etat, vu que d'aucuns pensent que vous êtes inamovible au poste en dépit des critiques.

Si ma tête plaisait à ceux qui le disent, je ne serais pas aujourd'hui l'objet de critique. Maintenant que je crois comprendre que ma tête ne leur plaît peut-être pas, ils ne comprennent pas que je sois là. C'est leur droit d'apprécier ce que je fais. C'est leur droit également de penser que je fais mal. Mais heureusement pour moi, ils ne sont pas les seuls à donner une appréciation de ma prestation. Pour mieux apprécier, c'est à la fois le personnel que je dirige et les usagers des services que nous fournissons. Je leur recommande de donner la parole aux usagers qui sont plus nombreux. Je ne suis pas contre la critique même quand elle est acerbe. Au contraire, ceux-là nous permettent de mieux faire chaque jour. Ils peuvent avoir raison. Là, on peut en profiter pour tirer partie de cette critique. C'est à cela que je m'emploie. En revanche, j'ai des gens qui m'apprécient puisqu'il y a tous les jours les clients qui viennent. Si tous les usages du stade de l'amitié pensaient que je faisais mal est-ce je pourrais être à mon poste encore ? S'il faut lier mon amitié personnelle avec ma présence au poste, c'est manquer du respect au chef de l'Etat. S'ils pensent que je ne mérite pas son respect, je voudrais les inviter au respect. Il a droit d'avoir des amis tout comme moi qui a le droit d'avoir un ami qui peut-être un chef d'Etat.

Il faut qu'ils cessent à chaque fois qu'ils font leurs critiques de lier ma présence au poste à mes relations personnelles avec le chef de l'Etat. Et donc ma présence au poste importe peu mais c'est ma fonction qu'il faut respecter. Si cela dépendait de moi, peut-être que je serais parti. C'est le chef de l'Etat qui m'a mis à ce poste et il lui est loisible lorsqu'il le voudra de me faire partir. Ça ne veut pas dire que j'aurais commis une faute ou peut-être démérité. Il faut comprendre simplement que si je suis encore là, c'est parce que le chef de l'Etat estime qu'il peut continuer à me faire confiance. Il y a plusieurs ministres que j'ai connus. C'est parce que aussi les ministres du gouvernement du Dr Boni Yayi ont estimé qu'ils peuvent me faire confiance. Est-ce que je dois me justifier ? Je ne sais pas parce que quand on veut tuer un chien on dit qu'il a la rage. Par contre pour ceux qui doivent le savoir, il arrivera un moment où je devrai donner un bilan même quand ce que je fais n'est pas parfait. Je suis ouvert à la critique qui doit rendre service quand bien même elle est malveillante. Car la critique doit nous enseigner que ce que nous faisons doit être amélioré.

Un mot sur la gestion de l'esplanade extérieure qui est reprise d'assaut sitôt l'événement Pape achevé, alors que tous avaient été déguerpis.

Le stade est un lieu public ; il appartient à tous les Béninois. En tant que tel, il doit servir à des activités à caractère social, culturel et aussi bien scientifique. Il doit aussi servir à des activités économiques et ludiques. La question est de savoir est-ce que nous avons atteint ce but ? Les soirs, vous voyez bien le monde qui vient, vous voyez le monde qu'on emploie, vous voyez également que les populations béninoises exercent des activités génératrices de revenus. Je ne veux pas faire une statistique de ce que le stade peut générer par jour. Il faut savoir qu'il génère des dizaines de millions par jour. Par rapport à nos attributions, cet objectif est atteint. Je crois que le chef de l'Etat lui aussi le voit ainsi parce que ça fait partie de la conscience que c'est du devoir du gouvernement de promouvoir l'emploi et les activités économiques. D'ailleurs dans le plan de l'Etat, il y a une tendance qui s'impose : faire une plus grande place au secteur privé. De plus en plus donc, il aura une large part dans les activités économiques surtout dans le financement de l'économie, de l'investissement public et le secteur privé devra prendre de la valeur ; il doit remplacer l'Etat dans plusieurs secteurs dont dans le secteur de l'emploi. C'est le cas lorsqu'on choisi le cas du stade. Il y a beaucoup d'agents économiques qui utilisent des jeunes et ce sont des Béninois. Est-ce que c'est mauvais ça ? Le soir quand vous finissez de travailler par exemple, vous pouvez y venir vous déstresser, est-ce que c'est mauvais ? Il ne faut pas diaboliser. On a reproché au stade de favoriser la débauche. Je ne crois pas que ce soit juste de nous coller cette étiquette parce que dans tous les lieux publics, il y a toute sorte de chose. Ça fait partie de ce que nous devons corriger et nous y veillons. Par exemple à l'intérieur du stade à partir de 20 heures, le contrôle est constant pour éviter ce type de spectacle. Lorsqu'il y a des attroupements, là aussi il y a des choses à rectifier parce que ça donne l'impression d'un désordre. Mais ce qui est positif, c'est que c'est la population béninoise qui y vient, c'est des jeunes qui y viennent pour suivre les matchs que les gens diffusent les soirs. Est-ce mauvais ça ? Je ne crois pas car ça fait partie du volet ludique que le ministère aussi doit promouvoir. Demandez aux jeunes qui viennent est-ce qu'on peut leur interdire de venir tous les soirs ? C'est ce qu'il faut, c'est ce que l'Etat doit faire à mon avis. Mais lorsqu'il y a des attroupements et que les gens ne peuvent pas passer, ce n'est pas bon. Nous sommes en train de penser à mettre un dispositif de gestion des parkings. Au-delà, nous avons un grand projet de construction d'un ouvrage qui devrait mettre fin à ce désordre.

Vous avez bien fait de faire un retour sur les déguerpissements. C'était mauvais, tous ces baraquements qu'on avait construits ne cadraient pas avec l'image de la maison. Aujourd'hui quand les gens viennent, ils s'installent ponctuellement un soir et dans la journée vous ne les voyez pas. Parce qu'il y a des activités que les gens font les soirs par lesquels ils gagnent de l'argent pour entretenir leur ménage. De ce point de vue, nous atteignons nos objectifs et assurons pleinement notre mission. En tout cas, c'est ma position et je ne crois que ce soit le chef de l'Etat qui nous récuse dans cette analyse. Vous avez vu par exemple le jeune homme qui vend les portables, il est là pour un temps de même que d'autres acteurs qui y viennent promouvoir leurs produits. On leur loue un espace pour un, deux ou trois mois maximum à travers des contrats à durée déterminée. A l'esplanade, on ne doit plus retrouver des baraquements définitifs. Nous sommes là pour mettre à la disposition du public, des opérateurs économiques et autres, nos espaces pour leur permettre de faire leurs activités. Aujourd'hui, cela à d'autres effets positifs, c'est que le stade est sécurisé. Nous savons qu'il y a des années en arrière, on ne pouvait pas venir au stade à 19 heures sans se faire agresser. C'est ça la vérité. Il y a 10 ans, est-ce que vous pouviez venir au stade sans vous faire agresser en plein midi. Depuis 6 ans, est-ce que vous avez encore entendu des vols à l'arrachée, non ; est-ce que vous avez entendu crier oh voleur ? Ce n'est plus possible. Nous avons un poste de police qui fait des patrouilles. Nous avons déjà l'animation des populations béninoises qui viennent ici pour se distraire, faire des rencontres saines. Cette animation du stade assure une garantie supplémentaire de sécurité. En réalité, on n'a pas besoin de se justifier quand on est en conformité avec ses attributions contenues dans le décret portant création, attribution, organisation et fonctionnement de l'Office et surtout dans l'arrêté d'application.

Quoi d'autre ?

Nous dirigeons un personnel dont les conditions s'améliorent tous les jours. Sans vouloir me vanter, les salaires sont régulièrement payés. Ce qui n'était pas le cas avant mon arrivée il y a 6 ans. Aussi, toutes les revendications des syndicats ont été entièrement satisfaites. Ce n'est pas pour m'enorgueillir. La convention collective du personnel était caduque. De même, les avancements et promotions qui étaient bloqués sont aujourd'hui repris normalement. Au plan financier, nous n'avons jamais enregistré des pertes. Au contraire, nous avons toujours conduit la gestion de notre office à des résultats positifs d'année en année. Ainsi notre chiffre d'affaires a évolué notablement. En 2008, il était de 360 millions. Aujourd'hui il est monté à plus de 780 millions avec une pointe 800 millions en 2011. Nous sommes conscients que ça peut aller beaucoup mieux avec la collaboration de nos agents, l'assistance de notre ministère de tutelle. Nous pouvons promouvoir des projets. Nous en avons beaucoup à l'instar de celui de la construction d'une galerie qui n'est quand même pas un petit ouvrage. Cela demande un investissement important qui se situe à pas moins de 12 milliards que peut financer entièrement le secteur privé. C'est quand même un projet d'intérêt national digne d'intérêt de la part du ministère de tutelle.

Dites-nous si effectivement vous empêcher les libertés syndicales en étouffant toute velléité de naissance d'un nouveau syndicat, le troisième?

Vous savez, quand je suis arrivé, il avait déjà deux syndicats et ces deux syndicats ont survécu jusqu'à ce jour. Cela veut dire que si nous empêchons les activités syndicales est-ce que pour un office si réduit comme le nôtre on peut trouver que deux syndicats, c'est insuffisant. Non, ça dépend des personnes qui veulent se syndiquer. En tout cas, il y a deux syndicats chez nous qui évoluent dans de bonnes conditions avec lesquels nous avons une parfaite collaboration. Cela nous a rendu beaucoup de service parce qu'ils ont des exigences dans le sens de l'amélioration de nos performances. C'est très important et c'est ce qu'il faut. Si les travailleurs pensent qu'il faut créer un troisième syndicat, ils aviseront. Nous ne sommes pas là pour réprimer les libertés syndicales, loin s'en faut mais nous pensons que le syndicat doit contribuer à la croissance de la maison et non pas l'inverse. C'est pour ça que nous nous employons d'ailleurs à améliorer leurs conditions de vie et de travail.

Propos recueillis pour (Providentiel news) par Ishola DJIGUIN

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