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6 Mai 2013
PROVIDENTIEL NEWS: M. Guy Mitokpè, depuis quelques jours l’on vous revoit sur le terrain du militantiste, qu’est-ce qui vous faire tant courir encore ?
Guy Mitokpè: Effectivement depuis quelques jours, nous avons décidé de parler à nouveau à la jeunesse béninoise sur les problèmes communs que nous rencontrons et sur les probables solutions durables que nous pouvons proposer aux autorités à divers niveaux. En effet ensemble avec des jeunes leaders, nous avons décidé de mettre sur pied, le Réseau National des Jeunes pour le Travail (RNJT). Ce désir est née d’un constat amer que nous avons fait sur la situation de l’emploi des jeunes dans notre pays et sur le fait que les chiffres avancés dans le document de la Politique National de l’Emploi (0,2% de chômeurs au Bénin), ont heurté notre sensibilité et nous ont indigné.
Que peut-on attendre du RNJT. Si non n’est-ce pas encore là un machin politique ?
Je ne pense pas qu’il soit juste de penser un seul instant que le Réseau National des Jeunes pour le Travail (RNJT), soit un instrument politique. Pour être pragmatique, il faudrait attendre du RNJT, un instrument national chargé de jauger, de critiquer et de faire des propositions aux autorités face à la délicate question de l’emploi ou de l’entrepreneuriat des jeunes au Bénin et dans la sous-région Ouest-africaine. Nous devons comprendre que la question de l’extraordinaire chômage des jeunes est la plus grande menace qui vise la stabilité politique et sociale de notre pays. Des jeunes formés, valides mais oisifs, sont très vulnérables, manipulables, et de vrais potentiels candidats pour des terroristes, mercenaires et bien d’autres organisations criminelles. Au sein du RNJT, nous ne faisons pas de la politique politicienne, nous évoquons l’état de chômage au sein de la République. Notre rôle fondamental est d’engager les pouvoirs publics à faire de la question de l’emploi des jeunes une priorité de développement.
Ne réalisez-vous pas un instant en train de trop demander au président Yayi, qui n’a cessé d’améliorer les conditions socio-professionnelles des jeunes depuis 2006 qu’il a accédé à la Magistrature suprême de notre pays ?
Je pense qu’effectivement avant l’arrivée du Président Yayi Boni, la situation socio-professionnelle des jeunes béninois n’était pas du tout à plaire. A son arrivée, nous avons eu droit à quelques merveilles dans le domaine de l’emploi et de l’entrepreneuriat des jeunes mais je crois en toute sincérité que c’est insuffisant. Aujourd’hui, il nous faut bien plus d’efforts pour amener la jeunesse du Bénin à être un véritable agent de développement. Nos universités et centres de formations professionnelles libèrent sur le marché de l’emploi près de 10. 000 jeunes diplômés par an. L’État et le privé, chaque année, en consomment un peu plus de 2.500. Ce qui voudrait dire que d’une manière cumulative, nous formons chaque année un peu plus de 7.000 chômeurs.
Sur la base des ces chiffres, nous ne pouvons pas avancer que le gouvernement fait des exploits ou que la question du travail des jeunes soit devenue une priorité de développement. Dans cette situation précise, le rôle du Réseau National des Jeunes pour le Travail (RNJT) est d’abord de faire des propositions concrètes. Ainsi, nous avons dit qu’il faudrait d’abord revoir l’orientation des jeunes pour les formations professionnelle et académique. Les mêmes causes dans les mêmes conditions normales de températures produisent les mêmes effets. Si nous ne changeons pas la manière dont nous formons les jeunes, et si nous ne revoyons pas de fond en comble, la manière dont se font les orientations académiques et professionnelles, nous serons confrontés aux mêmes problèmes et ce, de pire en pire. Sur cette base, je peux dire que beaucoup reste à faire mais les efforts du gouvernement ne suffisent pas. Beaucoup de nos jeunes diplômés dorment sans prendre deux repas équilibrés par jour, et je pense que c’est là, les véritables dangers contre notre démocratie.
On a l’impression que vous remettez en cause la qualité de la formation des jeunes dans les centres de formation et les universités ?
Je l’affirme et je l’assume. La plupart de nos formations ne sont pas adaptées aux nouveaux métiers. Aucun peuple, ne peut trouver une solution durable à l’actuelle crise de l’emploi sans s’inscrire dans la dynamique des nouveaux métiers. Nos écoles, nos collèges, nos lycées et enfin nos universités, continuent de dispenser des modules de formations qui dans une grande partie ne sont pas conformes à nos réalités. Notre monde a de nouveaux besoins et les nouveaux besoins font appellent à de nouvelles solutions originales, durables et efficaces. Arrêtons de nous leurrer et soyons réalistes. Pour un pays comme le Bénin, quatre grands axes, peuvent nous faire sortir de l’ornière. L’agriculture, les activités portuaires, l’exploitation de nos ressources naturelles et les Techniques de l’information et de la Communication (TIC). Nous devons faire un réel inventaire des besoins du pays et trouver un stratagème à ce que notre jeunesse soit formée pour répondre efficacement à ces attentes. Nous devons réglementer et réguler l’inscription dans les facultés et écoles qui « produisent » les chômeurs et « imposer » aux jeunes les formations qui les ouvriront la voie de l’emploi ou de l’entrepreneuriat rentable et durable. Les pouvoirs publics ne peuvent dans aucun pays du monde créer plus d’emplois que le secteur privé. Mais le secteur public doit veiller à garantir un bon environnement d’entrepreneuriat et d’investissements.
Guy Dossou MITOKPE, votre mot de fin ?
Je voudrais remercier les membres du Bureau Exécutif du RNJT pour le travail extraordinaire qu’ils abattent chaque jour le bonheur des jeunes du Bénin. Je voudrais remercier tous les partenaires du RNJT de près comme de loin pour l’expression de leurs engagements pour plus d’épanouissement à la jeunesse béninoise. Je remercie le Tout-Puissant pour sa grâce incommensurable à notre endroit. Je demande enfin à la jeunesse d’accepter de croire qui l’avenir sera glorieuse.