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6 Novembre 2016
Le gouvernement de Patrice Talon continue d’afficher un cœur de marbre face au rapport d’enquête accablant « dirty diesel » de Public eye. Un rapport qui épingle une société vu la qualité toxique du carburant qu’elle commercialise au Bénin. Et c’est là toute la dimension curieuse du mutisme de ce même establishment.
Cette organisation occidentale vient de passer la puce à l’oreille des dirigeants africains et leurs administrés. En mettant à nu « comment les négociants suisses en matières premières profitent des faibles standards en Afrique pour produire, livrer et vendre des carburants à haute teneur en soufre », pourtant « interdits en Europe. Ces pratiques illégitimes », comme vous vous en doute, ont pour conséquences immédiates une contribution « à l’explosion de la pollution de l’air dans les villes africaines » et une nuisance « à la santé de millions de personnes ». Dans les faits, « ils ne se contentent pas de vendre du diesel et de l’essence toxiques ; ils les fabriquent à dessein, en mélangeant divers produits pétroliers semi-finis à d’autres substances pétrochimiques afin de créer ce que l’industrie appelle « la qualité africaine ». Précision pour précision, il s’agit « des négociations Vitol, Trafigura ou encore Addax & Oryx…». En expertisant ces accusations, on s’interroge sur la crédibilité de ce rapport. C’est vrai. Mais sur la base de quelle contre-expertise ? Nul dans la mesure où ceux qui essayent de le mettre entre parenthèse sont dans une démarche contraire. C’est-à-dire sans données exemptes de suspicion ? On observe somme toute et ce, avec emphase que tout ce monde qui en parle au Bénin yoyote. Pour autant, cet état de chose doit demeurer préoccupant. Et pour le peuple. Et pour les dirigeants. Pour la simple raison qu’il s’agit de la santé publique. Parce que la vie humaine est sacrée comme le reconnaît la Constitution du 11 Décembre 1990. Nul ne doit s’amuser avec elle pour rien au monde. D’où on se demande si cette organisation ne menait pas cette enquête ? Que se passerait- il d’ici 5 à 10 ans si ces sociétés continuaient à déverser un tel produit mortel sur le continent et au Bénin en particulier ? Prenant la mesure de l’enjeu, certains pays incriminés ont pris leurs sûretés. Ce, en termes de mesures correctives à l’effet de garantir la bonne qualité des produits pétroliers qui entrent dorénavant sur leurs territoires respectifs. Le cas de la Côte d’Ivoire est emblématique. Que font les nôtres ? Rien. Absolument rien. De sources concordantes. Comme à leur habitude, pas le moindre éclairage de leur part. Ni du ministre en charge du commerce Lazard Sèhouéto. Ni de Jean-Claude Houssou, autorité en charge du secteur minier surnommé affectueusement ministre « Car Lewis ». Ou bien, ils ont pris, incognito, des mesures étant donné que nous sommes dans la République de la Rupture où tout est mis sous le sceau du secret, de la discrétion pure et dure, et de la normo-communication ? Il faut bien que les deux s’expliquent au peuple. Pour ne pas avoir à assister d’abord au pire pour commencer par courir dans les tous les sens les moments d’après. A bon entendeur, 99 mots.