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Trafic de faux médicaments : L’autre grain à moudre par la Rupture de Talon

Trafic de faux médicaments : L’autre grain à moudre par la Rupture de Talon
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Un tour au marché Adjégounlé situé en plein cœur du grand marché Dantokpa et on aperçoit une pharmacie à ciel ouvert qui traduit la gravité et l’ampleur que prend le commerce illicite de faux médicaments dans notre pays.

 Bien qu’un médicament ne peut être vendu ni consommé sans prescription médicale, les commerçants, en majeure partie des femmes, vendent sans arrière-pensée et sans pression aucune des médicaments ne respectant aucune norme sanitaire depuis leur fabrication jusqu’à leur distribution. On y trouve des antipaludéens, des antalgiques, des antihypertenseurs pour ne citer que ceux-là. Leurs emballages renseignent sur les laboratoires pharmaceutiques chinois ou indiens. Les revendeuses, les conducteurs de taxi-moto et les chauffeurs constituent la grande partie des clients des détaillants de faux médicaments. Zéphérin Tassinou conducteur de Taxi-moto pense pour sa part que lorsqu’il prend son médicament sur ces étalages, en un laps de temps, la fatigue le quitte et il arrive à travailler jusqu’au petit matin. Dame Akissoé Géraldine venu s’approvisionner en gros, explique que le commerce est rentable. « Ceux qui se procurent nos médicaments trouvent satisfaction sinon le commerce n’allait pas perdurer toutes ces années », soutient-elle. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 12 % des médicaments vendus dans le monde sont non conformes. En Afrique de l’Ouest et précisément au Bénin, 40% des médicaments consommés sont faux.

Les raisons d’un tel fléau

La morosité économique, la proximité avec le géant voisin de l’Est, le Nigéria (Noyau du trafic de faux médicaments en Afrique de l’Ouest) et l’impunité sont les principaux facteurs de la pérennité d’un tel fléau. Le coût accessible de ces comprimés, ne pourrait laisser indifférents les populations. Certains ne réfutent pas le caractère nuisible de ces médicaments. Dame Adenou Séraphine fait remarquer qu’elle a conscience des effets secondaires que peuvent engendrer la consommation de ces produits mais sa bourse qui ne représente que 500Fcfa le jour ne peut lui permettre le luxe de la consommation de comprimés pharmaceutiques.

Les conséquences de la consommation

Approché, le Dr Tabé kassim explique que des résultats d’analyses au laboratoire ont montré qu’un médicament censé éliminer la fatigue ne contenait que de la drogue, un autre médicament censé modifier la stabilité des hormones pour aboutir à un avortement ne contenait rien de pareil. « Un médicament dès lors qu’il quitte le circuit formel, ne mérite plus aucune confiance. », affirme le même Docteur. Il confirme que les conditions de stockage et de conservation les rendent nocifs. Aussi contiennent-ils, du fait de ces conditions, des produits cancérogènes et toxiques pour le système nerveux central, les reins ou encore le foie, conclut-il.

 

 

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