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2 Avril 2014
La crise sociale qui a cristallisé l’attention depuis le début de l’année ne cesse de livrer ses secrets jour après jour. On sait, en amont, que le gouvernement avait failli du point de vue du respect des droits de l’Homme, des libertés individuelles et de la préservation des acquis démocratiques. On sait aussi que le durcissement du ton que les partenaires sociaux ont offert en réponse à cette antinomie de la gestion de la vie sociale a-t-il progressivement induit du plein remord chez le gouvernement. Il est en parallèle nécessaire de noter que pour essayer de se racheter auprès de l’opinion, l’exécutif s’est vu obligé d’apporter la preuve de sa bonne foi en posant des actes qui laissent présager d’un dégel de la situation. Seulement, les points qui ont, pour leur part, été objet de satisfaction des syndicalistes prêtent encore à équivoque selon eux. Ils disent avoir obtenu des avancées à l’issue du dialogue sur des aspects qu’ils ont considéré comme étant la conséquence des grèves. A leurs yeux, il est impératif de régler la question ayant trait au limogeage du préfet Azandé et du commissaire Agossadou. Telle est la raison qui a motivé la dernière marche des syndicalistes ; celle qui a eu lieu le jeudi 27 mars dernier sur la préfecture de Cotonou.
Mais à y voir de près, cette dernière revendication reste la pomme de discorde entre les deux parties. Pour la simple raison que le gouvernement a manqué de tact en matière de négociation. Il n’a pas été habile pour amener le préfet de l’Atlantique/Littoral et le commissaire central de Cotonou à présenter des excuses publiques aux temps forts des mouvements sociaux et des échauffourées. L’excuse présentée par le chef de l’Etat en lieu et place est apparu aux yeux des syndicalistes comme la plus injurieuse farce, une poutre aux yeux.
De ce fait, la solennité, la force et la dimension sacrée de l’acte ont disparu. Cela au profit d’une symbolique baisée et emprunt d’un égoïsme rébarbatif. Voilà la signification du durcissement du ton chez les syndicalistes en dépit des ostensibles avancées qui transparaissent. Mais au-delà de cet aspect belliqueux dont recèle la crise, il y a lieu de voir les vrais enjeux de développement. Nul ne peut admettre que l‘avenir d’âmes innocentes soient sacrifiées sur l’autel du refus de l’humilité d’une partie contre l’intrépide intolérance de l’autre partie. Les élèves attendent que la balle qui est apparu à une altitude dangereuse pour l’évolution puisse être ramenée à terre. Ceci afin que les cours reprennent dans leur intégralité et conformément aux crédits horaires définis par l’Unesco le temps d’éviter l’année blanche. Le mieux à reconnaître en l’état actuel des choses est que les heures sont comptées et qu’il va falloir que Gouvernement et syndicats accordent leur violon à travers un dialogue franc et sincère afin que la sérénité au sein du monde de l’éducation revienne pour le grand bonheur des Béninois. Attention au temps.