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17 Février 2014
L’actualité nationale est minée par une inutile tension qui agite les acteurs politiques du pays. Cette tension tire son origine du massacre du 27 décembre 2013. Un massacre face auquel les syndicalistes ont fait la traditionnelle option ; celle de manifester leur indignation en marchant et ceci de la façon la plus pacifique qui soit. Le motif mis en avant pour s’indigner tenait essentiellement à l’attentat perpétré contre un éminent membre de la société civile et président de l’Ong Alcrer Martin Assogba. Il tient également à l’annulation du concours frauduleux de recrutement des agents au profit du ministère des finances. Contrairement à la réaction attendue par les populations, le chef de l’Etat s’est livré à un exercice négativement célèbre du point de vue du discours qu’il a tenu en présence des jeunes sans emploi qui ont choisi de lui présenter les vœux de nouvel an. Aussi s’est-il permis à l’occasion de dire qu’il fournira des rangers aux syndicalistes afin de leur permettre de marcher sur l’axe Cotonou-Bohicon afin de le redresser du fait de son mauvais état….
Par cette façon laconique de distraire l’opinion, Boni Yayi a nettement porté atteinte à l’institution démocratique mise en place au Bénin ainsi qu’il a foulé au pied le respect dû à l’institution étatique que lui-même en personne incarne. Tant il est de bouts de phrase qui ne peuvent jamais sortir de la bouche d’un chef de l’Etat. En se prononçant tel qu’il la fait, le président de la République donne l’impression de ne pas prendre au sérieux le matraquage perpétré par la police dont le zèle a été motivé par son chef qu’est ici le commissaire centrale de Cotonou Agossadou mais avant par le préfet Azandé.
Nul n’a le droit de s’amuser avec les libertés fondamentales. Telle est la raison pour laquelle nombre d’acteurs politiques montent au créneau pour décourager les errements verbaux notés au cours de l’intervention du chef de l’Etat. Ses propos ont été si provocateurs et bas qu’on ne peut se passer de réagir en tant que citoyen pour rappeler son auteur à l’ordre. Ce n’est pas de cela que le peuple a besoin. Il a plutôt besoin d’une pacification de la situation parce que le statut de pays de paix qui revient au Bénin ne peut souffrir de tant de maltraitance. Mieux le langage tenu par le chef de l’Etat n’est pas celui qu’il fallait servir aux jeunes cadres enquête d’emploi et qui ont en même temps besoin d’un modèle.
L’acte a été si dégradant qu’aucun proche du chef de l’Etat ne peut mener l’exercice du blanchiment de l’homme sans se heurter à des résistances d’Hommes véritablement attachés à la vérité. On a beau dire que le mot "bondir" utilisé par Boni Yayi n’était pas adressé aux syndicalistes mais aux maux qui minent le développement du pays tel qu’a tenté de le signifier le conseiller technique du chef de l’Etat au suivi des projets Irénée Agossa au cours d’un débat sur un plateau de télévision. On n’a raté le rendez-vous de crédulité et de la crédibilité. Mieux vaut reconnaître que Boni Yayi a manqué du réalisme plutôt que de vouloir le dédouaner des propos qu’il a tenus et dont la teneur frise de la boue qui éclabousse toute une enceinte et donc le chef de l’Etat et son entourage.
Autant mieux dire la vérité au chef pour qu’il se corrige pour les fois prochaines. Le Bénin a acquis cette démocratie afin que ses fils toutes catégories confondues puissent être à même de l’entretenir au lieu d’en violer les règles les plus élémentaires et les plus connues. Malheureusement par la faute de son président, le Bénin en est encore là et le dire n’est pas un excès ni une quelconque offense au président de la République.