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23 Février 2013
« Nous sommes en train de faire des progrès(…).Le régime d’assurance maladie universel est une volonté politique déclarée au Bénin par le Chef d’Etat ».
En marge du 20ème Sommet ordinaire de l’Union Africaine organisé du 21 au 29 janvier 2013 à Addis Abeba en Ethiopie, le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), la Commission de l’Union Africaine et le gouvernement béninois ont conjointement organisé un panel de haut niveau pour discuter des enjeux, défis et perspectives de la Campagne pour l’Accélération de la réduction de la Mortalité maternelle en Afrique (CARMMA). A cette occasion, Prof. Dorothée A. KINDE GAZARD a levé un coin de voile sur l’expérience béninoise à travers le présent entretien qu'elle a voulu accorder à notre envoyé spécial.
Providentiel News : Quel est l’état des lieux des actions menées pour réduire la mortalité au Bénin ?
La ministre : Je pus dire qu’au Bénin nous sommes en train de faire des progrès. Cependant, on ne peut pas parler de progrès sans faire référence aux statistiques. En 1996, nous étions à 397 décès maternels pour 100 mille naissances vivantes. Aujourd’hui, je pense que nous avons réduit considérablement ce taux. Il faut qu’on se réfère aux statistiques parce que c’est tous les dix ans qu’on évalue la mortalité maternelle. Lorsqu’on prend en compte toutes les actions menées, notamment, la gratuité de la césarienne, la gratuité de la prise en charge du paludisme, du Sida, de la tuberculose, le régime d’assurance maladie que nous venons de lancer, la gratuité de la moustiquaire imprégnée pour la femme enceinte, c’est autant d’actions qui concourent à la réduction de la mortalité maternelle. Toutefois, je le redis, il faut évaluer le travail effectué. Il ne faut pas dormir sur ses lauriers. Je pense que nous sommes dans la bonne direction.
S’agissant du régime d’assurance maladie universel lancé au Bénin récemment, est-il déjà effectif ?
Ce régime d’assurance maladie universel est une volonté politique déclarée au Bénin par le Chef d’Etat. La mise en œuvre doit suivre et pour cela cette année 2013, nous allons prendre en compte les premières communautés les plus concernées car nous ne pouvons pas couvrir l’ensemble du territoire national au même moment parce que nous sommes un pays pauvre. Il faut le reconnaître humblement. Cette année 2013, nous mettons l’accent sur les indigents. Nous avons déjà établi la cartographie des indigents dans six zones sanitaires pilotes, à raison d’une zone dans chaque ancien département où nous allons commencer. Nous avons déjà établi la liste de ceux que nous appelons indigents et notre pays va prendre en charge ces personnes dans le budget national avec l’implication des maires, les élus locaux, etc.
Quelles sont alors les perspectives pour l’ensemble de ces efforts ?
Elles sont bonnes. Il faut bien commencer quelque part et il faut commencer petitement en tirant les leçons des expériences focales que nous avons réalisées. Nous avons six zones pilotes et nous allons commencer par inclure les populations indigentes de ces zones-là et l’Etat les prendra en charge. Je reste optimiste quant aux perspectives.