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24 Juillet 2013
Au lieu d’ergoter sur des questions dénotant de la politique politicienne surtout par rapport aux échéances en perspective, voici une question très vitale sur laquelle les autorités au niveau décentralisé feraient mieux de se pencher ; celle de l’acte d’Etat civil.
Dans le style people, on parle d’acte de naissance. Nul n’ignore le martyr que souffrent les géniteurs pour parvenir à se le faire établir. Puisant sa source dans les débats qui se mènent dans l’opinion, le constat général amène à alléguer avec force et conviction que c’est une foutaise sur fond d’ignorance sectaire et d’inconscience professionnelle des agents en position dans les municipalités et arrondissements de Cotonou. Le constat est donc là têtu.
Jean Kpatinvo, menuisier de son état, a eu au mois d’Août 2012 son deuxième gosse. Mu par la diligence juridique qu’imposent les dispositions légales en vigueur, il se rend dans l’arrondissement où il a obtenu l’acte de son premier enfant. Hélas ! Cette fois, ses démarches se métamorphosent en un véritable marathon. Encore faudrait-il qu’il ait retrouvé l’arrondissement de destination de la fiche de naissance de son garçon.
L’agent au contact duquel il est mis au prime abord garde la fiche de naissance, et ce après avoir cherché, dit-il, en vain dans le registre qui renseigne sur la date d’arrivée des fiches de naissance en provenance de la mairie. Ayant rassuré Jean qu’il l’aidera à établir l’acte, il encaisse la somme de 3.500Fcfa. Premier mois, rien. Deuxième mois pareil. Troisième mois idem. On était déjà au mois de janvier 2013. A maintes reprises, il va manquer l’agent au bureau. Trop bon trop quignon, il tape du poing sur la table. Après plusieurs coups de fil d’intimidation, il vient lui remettre la fiche de naissance en l’état.
Grande sera sa stupéfaction d’ouïr dire que cela n’a pas atterri chez eux. Jean est obligé d’informer le Chef d’arrondissement par téléphone. Ce dernier a tôt fait de révéler ses tares alors qu’il était attendu de lui une prise de responsabilité aiguë. Mais erreur. Il se permet, au contraire, le dédaigneux luxe d’adopter une posture partiale, désinvolte à la limite laxiste.
Jean tout coléreux débarque à l’hôpital où sa femme a accouché. Les renseignements qui seront fournis le convainquent de ce que la fiche de naissance de son enfant est envoyée depuis longtemps à la mairie de Cotonou. Il se dirige tout droit vers le service municipal compétent à l’effet de s’enquérir de son itinéraire réel. Ici on lui fait comprendre que la dame commise à cette tâche s’est levée et ne mettrait du temps à revenir. 10 minutes, 20 minutes, 30 minutes et 45 minutes plus tard, elle s’amène. Jean lui brandi le document. Elle se met à farfouiller dans les registres. Là encore, le constat est désolent. Et pour cause, les informations glanées sur place greffées aux plaintes des usagers font état de ce qu’elle est coutumière d’absentéisme.
Dans ces conditions, la dame lui suggère de laisser une copie sur laquelle il mentionnera ses contacts téléphoniques. Une fois retrouvée, elle ferait signe à Jean. Une semaine passe sans le moindre coup de fil. Deux semaines, encore sans appel. Jean, tout indigné, est obligé de retourner à la mairie pour avoir les nouvelles. Peine perdue parce qu’il n’a pas eu gain de cause.
Cette épisode dure un mois et plus. La dame lui recommande in fine auprès d’un vieux en service à l’arrondissement de Xlacondji. Il n’y va pas présageant du même scénario.
Coup de grâce mais hélas !
Il revient à l’arrondissement de départ, et fortuitement, il tombe sur une de ses connaissances. Elle prend le dossier en main puis séance tenante elle le confie à un jeune agent réputé pour la gestion de ce genre de dossier. Jean dépose la somme de 5.000F suite à la suggestion à lui faite par la dame. C’était au mois de Juin passé. Le jeune promet d’y parvenir en une semaine. Deux semaines plus tard, la déception était grande car rien n’y fit. Jusqu’à présent, rien à se mettre sous la dent alors que l’enfant de Jean s’apprête à souffler sa première bougie au mois d’Août prochain. C’est dégelasses.
Leçon à tirer
La leçon à y tirer est que cela repose le problème de gouvernance d’une part et de l’ignorance sectaire des agents, de l’autre. La réforme de l’Etat civil s’impose. Un recyclage profond doit être fait par ailleurs aux agents car la plupart ne comprend rien des dispositions légales en la matière. Si déjà Jean qui est demi-lettré est confronté à ce problème, on imagine le sort des analphabètes dans les villages et hameaux les plus enclavés. Autorités pensez-y afin de soulager les peines de vos administrés.