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27 Mai 2013
En marge de son séjour au Vatican, le président de la République a visité les agences onusiennes en charge des questions agricoles basées à Rome en Italie. Les échanges ont permis au chef de l’Etat de mobiliser des ressources au profit du secteur agricole béninois.
La visite du chef de l’Etat aux agences onusiennes chargées des questions agricoles n’a pas manqué de retombées pour le Bénin. En dehors des projets en étude au sujet desquels il a essayé d’accélérer le processus de financement, Boni Yayi a surtout décroché auprès du Fonds international de développement agricole (FIDA), une enveloppe de 25 millions de dollars, soit plus de 12,5 milliards de francs CFA pour la promotion des activités agricoles. Déjà, le FIDA constitue le principal bras financier du Projet d’appui à la croissance économique rurale (PACER) doté d’une enveloppe globale de 47,8 millions de dollars, soit environ 24 milliards de francs CFA. En février dernier, le Bénin a négocié auprès de l’institution le financement du Projet d’appui à la promotion des services financiers ruraux adaptés (PAPSFRA), évalué à 32 millions dollars, soit environ 16 milliards de francs CFA. La signature de l’accord de financement est attendue dans les tout prochains jours. Mais ce nouveau crédit constitue en réalité un fonds reliquat sur lequel le Bénin s’est rapidement positionné, à l’issue des échanges du chef de l’Etat avec les autorités du FIDA à Rome. Le fonds devra servir, entre autres, à l’appui aux producteurs maraîchers de plusieurs localités du pays, dont les prioritaires sont ceux des communes d’Abomey-Calavi, de Sèmè-Podji et de Karimama.
Le président de la République a surtout exprimé aux patrons des agences onusiennes, l’engagement du Bénin à se positionner comme un pays agricole phare devant servir de grenier pour régler les problèmes de sécurité alimentaire dans la sous-région ouest-africaine. C’est dans ce cadre d’ailleurs que le Bénin a préparé un dossier pour faire partie des bénéficiaires des programmes devant être déployés dans le cadre de l’Alliance pour la sécurité alimentaire, initiative lancée lors du sommet du G8 à Camp David aux Etats-Unis. Le projet que prévoit le Bénin aura trois composantes, à savoir l’intensification de la production vivrière, la mise en place des infrastructures de stockage ainsi que l’appui direct aux petits producteurs. Les agences onusiennes ont accueilli favorablement cette vision du chef de l’Etat et ont d’ailleurs manifesté le désir de se retrouver en septembre prochain avec le gouvernement béninois pour asseoir les bases de ce projet qui, non seulement devra booster la production de céréales au Bénin mais surtout permettre au pays d’être un exportateur direct de vivriers vers les pays du Sahel, confrontés à des déficits céréaliers chroniques.
Approvisionner le PAM !
Le Programme alimentaire mondial (PAM) est particulièrement intéressé par cette initiative d’autant que le Bénin lui sert de terre d’approvisionnement par excellence de vivres en direction du Sahel. « Nous achetons beaucoup de vivres chez vous, et cela suppose que le Bénin est un gros producteur de céréales, ce qui nous permet d’assister les autres pays de la sous-région qui font face à des calamités et aussi les petits fermiers qui ont des difficultés. Nous avons examiné la poursuite du renforcement de nos relations. Et nous avons examiné comment nous pouvons nous mettre ensemble avec la FAO et le FIDA pour régler le problème de stockage des denrées que nous convoyons vers la sous-région », confie Ertharin Cousin, directrice exécutive du PAM. En 2013, le Programme alimentaire mondial a acheté 15 000 tonnes de céréales au Bénin. Au premier trimestre dernier, 8000 tonnes de céréales béninois ont été déjà livrés à l’agence onusienne. Le PAM promeut également l’alimentation scolaire durable à travers l’ouverture des cantines scolaires dans 29 communes du Bénin. En 2012, 300 écoles ont été prises en charge, à travers la fourniture d’un repas scolaire par jour. 1746 tonnes de vivres ont été distribuées pour environ 70 000 écoliers et près de 76% des produits distribués, principalement le maïs, sont achetés localement. Une préparation budgétaire est en cours en vue de prolonger le programme jusqu’en juin 2014.
En tant que champion de l’agriculture au niveau de l’Union Africaine, Boni Yayi a incité les agences onusiennes à accroître leurs interventions en Afrique et à accompagner résolument toutes les initiatives prises au niveau du continent pour aller vers l’autosuffisance alimentaire. Le président de la République sera d’ailleurs fin juin prochain à Addis-Abeba, aux côtés de l’ancien président de la République du Brésil, Luis Inacio Lula Da Silva et du directeur général de la FAO, José Graziano Da Silva, dans le cadre d’une grande réunion des leaders sur le développement de l’agriculture en Afrique.
Source : Journal La Nation