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Pour mauvaise gestion de la DG et son adjoint : le personnel paralyse le Cncb pour 2 jours

Exaspéré par les actes de mal gouvernance sans cesse répétés dont Tossa Gbossou et son staff se rendraient coupables depuis qu'elle est aux commandes, le personnel du Conseil national des chargeurs du Bénin se mobilise pour aller en croisade contre ceux-là qu'ils considèrent comme étant les prédateurs du patrimoine économique national dont l'entreprise en est un. Par ce biais, les deux syndicats le Syntra et le Synper ont décidé de mutualiser leurs énergies.Leur trouvaille, c'est justement la mise en place d'un front commun dit Collectif du personnel du Conseil national des chargeurs du Bénin. Réunis dans la grande salle de réunion de la Direction générale mercredi 03 avril passé dans l'après-midi, leurs différents responsables ont donné le ton tout en exprimant clairement leur volonté inébranlable de congédier l'actuelle Directrice générale Diane Tossa Gbossou, son adjoint et tous ceux qui l’aident à y parvenir.

C'est en réalité ce qui ressort de l'assemblée générale qu'ils ont organisée laquelle a permis aux uns et aux autres de toucher du doigt " la mauvaise gestion des ressources humaines et des ressources financières " ainsi qu'une surfacturation de 24.000.000F suite à une formation des directeurs et chefs service sur la Gar, Gestion axée sur les résultats, selon eux.

Après avoir exposé ces faits, le présidium a jugé démocratique d'accorder la parole à l'assistance, ne serait-ce que pour prendre le pouls de la situation au niveau de la base. Certains ont parlé. Mais l'intervention qui a focalisé l'attention est celle faite par Monsieur Bagana. En effet le caractère partial de son speech a donné l'impression de dénier aux conférenciers le droit d'incrimination de la Dg. Dans un premier temps, il estime que les orateurs ont fait économie de vérité pour la simple raison que les actes de mauvaise gestion relevés ci et là incombent plutôt aux cadres du Cncb qui ont entouré la Directrice générale. En fait, il a semblé joué au sbire de la dame.

Épidermique, l'assistance aura tôt fait de le conspuer sur fond d'ovations stridentes. Du berger à la bergère, les membres du présidium ont, à leur tour, tenté de lui répondre. Disons qu'entre temps, le Dga fit son entrée dans la salle, mais vu la chaleur qui prévalait et l'allure que prenaient les dénonciations, il a dû s'éclipser. Cela n'a guère émoussé l’ardeur des responsables du Collectif. Ils ont enfoncé le clou.

Ce que veut le Collectif du personnel du Cncb

En effet le " recrutement anarchique d'une quarantaine de personnes ", plus de la moitié de l'effectif général sur une période de 4 mois seulement et encore sans tenir compte des besoins réels de l'office à un moment où le Chef de l'Etat prône une maîtrise des charges du personnel dans les structures d'Etat, a été sérieusement décrié.

Comment imaginer que dans ces recrutements la Direction générale ait privilégié leurs proches parents qui sont dépourvus d’expérience requise au détriment des stagiaires qui ont déjà acquis une expérience donnée dans la maison. C’est dire désormais qu’on recrute au Cncb sur des bases népotistes et de claniques. " En exemple nous pouvons citer les recrutements de Tossa Gbossou Fiogbé et de Houndjo Martin Coovi. Selon le Secrétaire général du Syntra, Léopold Hounkpè, le premier est le frère direct de la Directrice générale et le second le frère du Directeur générale adjoint.

De leurs explications, il ressort d'autres éléments. A-t-on besoin de souligner dans ce sens les " affectations et nominations arbitraires opérées tous les jours ", créant ainsi une psychose au sein du personnel. L'antenne de Parakou aurait été créée sans étude préalable et ce, dans le dessein d'éloigner les cadres de conception pouvant apporter un plus à l'office et qui n'épouseraient pas la vision destructrice de la Dg et son adjoint. Dans ces conditions, les 15 agents qui ont été déjà envoyés sans réelle attribution sont obligés de tourner les pousses à longueur de journée.

Il y a aussi le problème de surclassement de certains Directeurs de l'office qui aurait crée un trop-perçu d'environ 20.000.000 de nos francs. D'ailleurs, les recommandations du comité créé et présidé par la Dg en personne n'ont pu émousser l'ardeur de la dame à atteindre son objectif. Le Collectif trouve également que les formations organisées tous azimuts cacheraient l'intention de dilapidation des fonds réservés au renforcement de capacités du personnel.

Les deux syndicats rejettent par conséquent la " création précipitée et budgétivore d'une bourse de fret non fonctionnelle " malgré la panoplie d'agents y ayant été affectés.

Par ailleurs, ils sont remontés contre Tossa Gbossou et son adjoint parce que la location des immeubles abritant l'antenne de Parakou induirait des charges inutiles à l'office soit au total 1.200.000F par mois et la bourse de fret 1.800.000Fpar mois avec une caution de plus de 10.000.000 FCFA. Viennent s'en ajouter, les ordres de mission sans motif réel signés tous les week-ends au Dga.

C'est sans compter ce que la Dg même s'octroie. En effet elle consommerait 500.000 F de carburant par semaine soit 2.000.000 FCFA en termes de tickets valeurs le mois. Cela en plus de sa dotation mensuelle, sous prétexte qu'elle travaille pour le chef de l'Etat.

Fort des faits évoqués supra, le Collectif exige l'annulation sans délai des décisions d'engagement en dehors des 17 agents recrutés sur accord du Conseil d'administration, la fermeture d'office de l'antenne de Parakou jusqu'à la création du port sec prévu par le chef de l'Etat. Aussi exigent-ils le redéploiement des 13 agents cadres et agents préalablement affectés à Parakou, la reprise systématique des formations de courte durée au profit du personnel.

Ils demandent avec insistance la rétrocession dans les caisses du Cncb des trop-perçus par certains directeurs ainsi que leur poursuite judiciaire conformément aux recommandations de la commission n°0121/12/Dg/Cncb/Dfc/Drhm du 21 septembre 2012. A moins que la Dg ne fasse amende honorable, le Collectif menace d’aller en grève.

Ce qu’a dit le staff de la Directrice générale

Le lendemain, soit exactement jeudi 04 avril, le staff de la Directrice a entrepris un contact avec les Hommes des médias. La rencontre s’est déroulée dans la salle de conférence mitoyenne aux locaux du bureau de la Directrice générale. Ainsi, les journalistes avaient en face d’eux, en lieu et place de la Directrice générale et son adjoint alors qu’elle est restée cloîtrée dans les quatre mûrs de son bureau suivant tout de près, le chargé à la communication Arnaud Danhounouto, madame Aboumon Directrice en charge des ressources humaines et du matériel, Hyppolite Amoussou chargé de mission, François Gauthé, chef de la cellule du contrôle de la gestion, Clément Yèkpon, Directeur de la promotion de la chaîne des transports, Casimir Fandohan, Directeur financier et comptable et madame Clémentine Francisco, chargée de mission.

Tout ce monde a essayé de battre en brèche les faits de gabegie allégués contre la Direction générale mais hélas !. Car rien de concret n’a filtré à la lecture de leurs différentes explications. Cela surtout dans la mesure où tous n’étaient pas outillés pour prendre les griefs un à un et les décortiquer pour ressortir la substance démagogique, ou alors les contre-vérités. Hélas encore une fois, ils ont tous barboté, pataugé, nagé dans un océan vide pour ne plonger davantage la Directrice générale, son adjoint et compagnie.

Tout d’abord, ayant pris la parole en premier, madame Aboumon s’en est lavée les mains pour avoir dit qu’elle a pris fonction au mois de Mai passé et que par conséquent, « je ne suis pas témoin d’un recrutement de 40 agents, mais je sais qu’en 2013, il n’y a pas eu de recrutement. En 2012, il était prévu de recrutement de cadres ». Quant à la question des affectations arbitraires « je ne suis pas témoin aussi des affectations arbitraires…». Sur l’affirmation selon laquelle il y a eu surclassement de certains directeurs, « c’est peut-être vrai… », s’est elle résolue à déclarer.

Et Hyppolite Amoussou chargé de mission de la Directrice, dans un cafouillage indescriptible, d’arracher la parole : « je ne peux pas vous dire si c’est 40 ou pas, il faut bien qu’on envoie du personnel dans les services ». Sur la question du surclassement, il confirmera que « les dossiers sont envoyés aux directeurs concernés par voix d’huissier ». Pour lui, le dossier Parakou, est « un dossier qui existait depuis, il devait le faire depuis 2010, mais à chaque fois, il y a report de crédits, alors que c’est prévu dans le budget,..C’est un vieux dossier ». Est-ce vrai que la Dg s’octroie 500.000F de carburant par semaine soit 2.000.000F de tickets valeur le mois, en dehors de sa dotation mensuelle, sous prétexte qu’elle travaille pour le chef de l’Etat ? Sans répondre par l’affirmative, il exhibe une liste sur lequel sont inscrits des noms, en l’occurrence ceux qui rendent visite à la Dg et à qui elle donnerait de tickets valeur, ne serait-ce que pour se protéger en cas de qu’est-ce qu’il y a, dit-il.

Pour la location des immeubles abritant l’antenne de Parakou à 1.200.000F le mois, et la bourse de fret 1.800.000F mois avec une caution de plus de 10.000.000Fcfa, occasionnant des charges inutiles à l’office, il a avancé sans grands détails que cela coûte au contraire 500.000F. D’un ton complaisant il tente de justifier le recrutement du frère directe de la Dg et de celui du Dg adjoint, Amoussou s’exprime en ces termes: « vous savez comment ça se passe en Afrique ». Il va plus loin : « on ne peut pas dire que parmi les 80 agents du Cncb, les 75% ont passé un test pour être là ».

Tel dans un amphithéâtre où le professeur déroule des cours magistraux devant ses étudiants, le Dfc, après avoir arraché la parole dans la foulée, a semblé s’adonner à ce genre d’exercice. En effet, il s’attarde à faire des explications qui frisent des cours sur le droit du travail orienté dans le sens du Contrat à durée déterminé, Cdi et du Contrat à durée indéterminé, Cdd et cela pour justifier le recrutement des 17 agents autorisés par le Conseil d’administration.

A la question des professionnels des médias combien sont-ils ceux qui ont été recrutés, il indique 33 contre les 40 dénoncés par le Collectif. Il l’a fait en exhibant un papier sur lequel est listé le personnel qui perçoit le salaire par ses soins. Toujours dans la même vaine, il parle de 7 agents ayant été admis à la retraite en 2012. Et donc « vu l’urgence des collègues qui doivent être objet de licenciement la direction a préféré leur faire un contrat de service.. »

Le reste a préféré faire des développements qui ne collent pas trop avec les faits allégués par le Collectif juste pour sauver aussi leur tête. Pendant tout ce temps, le Chargé à la communication faisait des va et vient interminables. Ne se connaissant pas trop en matière de communication, il a dû se résigner. Il eut fallu l’assistance et les précieux conseils des mécaniciens de l’information présents pour le juxtaposer. En effet, ils lui ont reproché le fait qu’il n’ait pas eu le réflexe professionnel de fait préparer une déclaration de presse. Sur ce, il sursoit à la conférence de presse, le temps pour lui d’écrire un test qu’il a fait passer dans certaines presses.

Au-delà de tout, ils semblent avoir accordé leurs vues par rapport aux 17 agents recrutés sur approbation du Conseil d’administration. C’est pareil pour le dossier surclassement de certains directeurs par rapport au trop-perçu, tous sont d’avis du Collectif sans pour autant l’affirmer à gorge déployée.

Pourquoi le personnel du Cncb en vient à la grève ?

Décision de grève Considérant que le Collectif, en dépit de ses signaux, n’a eu aucun écho favorable auprès de la Direction générale, et au lieu de chercher une thérapie idoine s’est lancée dans des justifications tendant à distraire le personnel et l’opinion publique, décide de mettre le pied sur l’accélérateur par un mouvement de grève d’avertissement de 48 heures qui prend effet ce jour pour connaître son épilogue demain vendredi.

Les revendications émises lors de l’assemblée générale du mercredi 03 avril restent intactes. Aussi stigmatisent-ils le fait que les actes administratifs seraient souvent anti-datés, parfois unilatéraux et cachés dans le bureau de la Dg, ne faisant l’objet d’aucune divulgation devant permettre à tous les agents d’être au même niveau d’information.

Où est la pyromanie de la Dg?

Mesurant la portée de cette offensive, la Dg a dû leur tendre la perche dans la perspective d’un dialogue social qui pourrait déboucher sur un modus vivendi. Cette volonté a été sanctionnée par une rencontre entre les deux parties mardi matin aux environs de 10 heures. Alors que le Collectif s’attendait à un dialogue franc et sincère de sa part, conscient de la survie de l’entreprise, que cette rencontre aurait tôt fait de prendre des allures dictatoriales.

En effet, grande fut leur stupéfaction de s’apercevoir, entre autres, qu’elle aurait usé de la stratégie de bâillonnement de l’expression. Cela vient de fait que le représentant du personnel au Conseil d’administration, Adihou Kossi son ex-Directeur des ressources humaines et matérielles qui devait parler n’a pas eu droit à la parole. Encore faudrait-il savoir qu’elle-même en personne n’a eu le courage de piper mot à cette séance de travail faute d’arguments valables contre les reproches de son personnel.

Rappelons au passage qu’Adihou avait déjà saisi le Pca en lui adressant une correspondance en date du 11 février 2013 intitulée « informations sur la mauvaise gestion des ressources humaines et matérielles au Cncb » suite à son limogeage.

Ayant envenimé ainsi la situation, ils ont jugé bon se retirer pour éviter que les débats n’en viennent à être houleux, ce qui aurait pu ouvrir la brèche aux forces de sécurité à les passer à tabac sous prétexte d’un trouble à l’ordre public.

Et comme si cela ne suffisait pas, ils constatent de visu au sortir de la rencontre, une forte militarisation du Cncb après le débarquement d’une troupe de policiers. D’ailleurs, il était aisé pour tout passant de voir leur véhicule pick-up, cabine avancée, couleur blanche, oblitérée Police stratégiquement positionné en face du portail du Cncb de l’autre côté de la voie.

Face à cette méthode d’intimidation sur fond de provocation déjà connue, le Collectif s’aperçoit, après analyse, qu’il a vu juste de se retirer pour éviter ce guet apens de la Direction. Or il avait la latitude de boycotter cette séance de travail mais par déférence pour son autorité, ils s’y sont rendus. Mais malheureusement, les attentes sont déçues et les prochains jours s’annoncent très bouillants dans la maison.

Des actes de mal gouvernance, en voici deux

Dans ces conditions, il faut que le chef de l’Etat s’auto-saisisse afin d’arrêter la saignée. Le jeu en vaut la chandelle dans un contexte de crise financière aiguë où des efforts de mobilisation de ressources s’imposent pour faire tourner l’économie nationale. Cela surtout parce que des preuves de mauvaise gestion existent, celles qui accablent Tossa Gbossou et son staff. Nous en voulons pour illustration par exemple le marché de vidange des fosses sceptiques du Cncb. Autrefois exécuté à 30.000 francs le voyage par Sibeau, la Directrice générale a fait l’option d’attribuer ce marché aux plus disants et donc aux prestataires qui suspects qui proposent des offres à des coûts beaucoup prohibitifs, soit 75.000 francs le voyage. La facture délivrée par « Ets la paix d’or » affiche ce montant. Pis, les 19 voyages mentionnés sa facture sont contestés par le superviseur pour un montant de 1.425.000 francs.

Pour la société « Alpha ville propre » aussi le marché lui a été cédé à 75.000f le voyage. C’est dire que les moins disants ne sont pas les bienvenues au Cncb. Voici un autre acte de mauvaise gestion plus flagrant et qui de toute évidence conforte le Collectif dans sa posture. On s’interroge sur celui qui gère le Cncb entre elle et son mari. Et pour cause, pendant que certains organes de presse sont à moins de 800.000Francs, et d’autres difficilement obtiennent un montant à la limite insultants, la radio et le journal Rtu se taillent la part du lion. Car elle s’est octroyée le luxe de signer un contrat d’environ 10 millions avec ces deux médias dont le propriétaire n’est autre personne que son mari. Signalons à toutes fins utiles qu’il est le chargé de communication au ministère de l’environnement. Selon l’ordre de virement qu’il a présenté avec en annexe la facture N°022/Dg/Dr/Co/2012, il a déjà encaissé 4.187.700 francs Cfa. Cette liste de scandales est pourtant loin d’être exhaustive.

Le personnel s’indigne aujourd’hui contre le caractère faramineux d’un tel contrat vu que cela ne sert aucun intérêt du Cncb à Bohicon où la radio est implantée.

Tout ceci a mis en boule le personnel qui s’accorde à la pousser vers la porte de sortie une fois pour toute. C’est pour cette raison qu’il brandit déjà son départ pur et simple si rien n’est pas par le gouvernement en l’occurrence son chef le président Boni Yayi qu’il appelle ainsi au secours. (A suivre)

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