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11 Mai 2013
Le Directeur général de la Sonacop, Expédit Houessou limogé. Une des décisions issues du tout dernier Conseil des ministres. Et donc depuis vendredi 10 mai 2013, des sources syndicales, ce dernier aurait été débarqué simplement de son poste de Directeur général de la Sonacop. Ce qui fait suite à son interpellation dans les locaux de la Brigade économique et financière, Bef et mieux le rapport de l'Ige qui indique, entre autres, ceci : "à l'exception de la dénonciation relative au paiement des redevances de la SBEE, tous les faits dénoncés sont avérés et la gravité de certains, plus préoccupants, au point de mettre en mal, l’intérêt supérieur de
notre pays".
Toutes nos tentatives pour joindre l’intéressé étant vaines, il y a lieu de retenir que l’homme n’est plus le principal homme fort de cette entreprise d’Etat. Tout le monde se demande les raisons qui auraient dues contribuer à son limogeage.
Mais cela est perceptible car de mémoire d’homme, on sait que les partenaires sociaux présents dans l’entreprise n’ont de cesse de marteler qu’il y a mauvaise gestion et que par conséquent, il faut le chef de l’Etat le limoge. Lors de sa dernière sortie médiatique, celle en date du lundi 06 mai 2013, Liamidi et son équipe du Syntra-Sonacop, sont revenus là-dessus en le plongeant davantage en exhibant devant la presse de nouvelles preuves accablantes.
Dans tous les cas, les sujets abordés par les sommités du syndicat abondent dans ce sens. Tenez, entre autres, la dotation du directeur en tickets valeurs et prélèvements de carburant. « Par diverses notes de services ordonnées par Houessou Expedit, il s’octroierait « toutes les deux à trois semaines en moyenne 2.000.000 fcfa de tickets valeurs en coupure de 5000 fcfa, soit un total de 18.500.000 fcfa pour la période de janvier à novembre 2012 ». Et ce n’est pas tout. « En plus de sa dotation normale de 480.000 fcfa par mois, Expédit Houéssou », ferait selon leurs propres termes : un double emploi abusif s’élevant à 3.855.965 de Fcfa de prélèvement d’essence et pour environ 16.000.000 de Fcfa de gasoil pour le groupe électrogène de son domicile.
A-t-on besoin de rappeler, selon les dires du syndicat, que « la location des locaux de l’Eglise Saint Michel de Cotonou pour abriter la Direction commerciale de la Sonacop ainsi que les travaux de réfection afférents, auraient été faits au mépris des textes régissant le marché public en vigueur au Bénin et donc sans appel d’offres. Pis, « le contrat de bail serait secrètement gardé par la Direction générale depuis 2010 ». Aux dernières nouvelles on apprend aussi que le rapport de l’inspection générale d’Etat Ige dirigée par Alidou Koussé est accablant:: "à l'exception de la dénonciation relative au paiement des redevances de la SBEE, tous les faits dénoncés sont avérés et la gravité de certains,
plus préoccupants, au point de mettre en mal, l’intérêt supérieur de
notre pays". Son limogeage vient donc conforter les allégations du syndicat qui a mené la lutte jusqu’au bout. A qui le tour ?
Voici les charges retenues contre le Dg Houessou par l'Ige
Faisant suite aux instructions du Chef de l'Etat, la commission dépêchée à la
SONACOP a démarré ses travaux dès 8 heures, le lundi 06 Mai 2013, par l'a
collecte et la vérification sur place et sur pièces des informations selon
lesquelles la gestion de la SONACOP par l'actuel DG, serait entachée de
graves irrégularités.
Les conclusions d'étape issues des travaux de la commission se présentent
comme suit:
A l'exception de la dénonciation relative au paiement des redevances
de la SBEE, tous les faits dénoncés sont avérés et la gravité de certains,
plus préoccupants, au point de mettre en mal, l’interêt supérieur de
notre pays.
Il s'agit du :
1- Dépôt gazier
Les travaux effectués par SOAGEL ont atteint 90% des réalisations attendues
au moment de l'expulsion du groupe ELLISSA MEGASTORE dont elle est
une filiale.
Le DG/SONA COP a fait fi des conséquences pratiques et juridiques de cette
expulsion intervenue essentiellement pour raison de blanchiment et a
poursuivi les transactions commerciales avec différentes entreprises
« écran », malgré sa bonne connaissance de cette situation.
Ce dossier devra être soumis à la cellule nationale de traitement de
l'information financière (CENTlF) chargé des questions de blanchiment
d'argent pour être approfondi.
2- Dossier ODIFIC
Malgré que cette affaire ait fait l'objet d'un règlement à l'amiable entre le
groupe ODlFIC et CPI en septembre 2001 et a permis à ODlFIC de percevoir
en 2003, un peu plus de deux milliards de FCFA, ce dossier a été réveillé de
toute pièce par le DG sonacop, ancien agent du groupe ODlFIC avec la
complicité des consultants, du reste, anciens juges ayant condamné la
sonacop dans cette affaire à l'époque.
Le montant reconnu par le DG est de trois milliards six cent millions;
aux dernières nouvelles, ce montant aurait été revu à la hausse lors de
l'homologation.
3- Dossier location locaux Paroisse Saint Michel
Les travaux d'aménagement ont été réalisés sur un immeuble pris en bail à
hauteur de 276 millions sans appel à concurrence et sans possibilité de
récupération par imputation sur les loyers à venir
C'est une gestion scabreuse qui n'a rien à voir avec les bonnes
pratiques de gestion.
4- Dossier d'Approvisionnement en produits pétroliers et gaz
la commission relève qu'il y a effectivement des problèmes voire des
lacunes dans la procédure d'approvisionnement.
Appelé à redresser la situation de la SONA COP, le DG devrait faire le point
des bonnes et mauvaises pratiques et s'en tenir à promouvoir les bonnes.
Il a été relevé une légèreté dans le suivi et le paiement des fournisseurs et
un mauvais fonctionnement des services commerciaux et comptables.
Dans ce dossier, l'argumentaire du DG n'est pas crédible
5- Dossier « dépôt fuel »
Le montant de ce projet, estimé à un milliard et demi de francs CFA, n'est
pas hors de portée de la sonacop ; les seules recettes de la société MRS
pourraient couvrir ce montant après deux exercices et maintiendraient
ainsi ce dépôt dans le patrimoine de la société
Sous réserve des dispositions contractuelles non encore produites
par le DG, la sonacop est perdante dans cette affaire.
6- Dossier réfection Pipeline
La commission n'a pu vérifier les données sur ce dossier conformément à la
sollicitation des syndicats; elle a demandé les documents au DG qui a promis
de les lui donner; en vain, lesdits documents n'ont pas été produits jusqu'à la
rédaction du présent rapport
Un flou entoure ce dossier dont le montant de réalisation avoisinerait
les deux milliards de nos francs selon le DG.
7 - Dossier dotation TV et approvisionnement à la soute
Le DG reconnaît les faits tels que dénoncés par les syndicalistes et les
justifie comme relevant des avantages que lui confèrerait son contrat.
Une pratique abusive s'est instaurée entre les directions techniques et
la direction générale dans ce domaine.
8- Dossier Meubles
Les faits sont avérés.
9- Dossier CC MT ECOBANK
Les faits sont également avérés.
En conclusion, la commission relève que ces irrégularités hors norme
n'ont été possibles qu'à cause du retard mis dans la mise en place du
Conseil d'Administration de la société et la défaillance de l'obligation de
compte rendu fiable à l'autorité.
Il urge donc, qu'en prenant acte de cette situation, l'Etat, unique
actionnaire des entreprises publiques, engage les actions idoines de
modernisation des lois et règlements qui les régissent avec une forte
dose de dispositions de contre pouvoirs et de contrôle.
Le Président de la Commission
Jacques Alidou KOUSSE