Breaking news, actualités politiques, faits de société, analyses, chronique, investigations, opinions ..
22 Février 2019
Extirpés avec ruse de la course pour les législatives du 28 février 2019 par le pouvoir en place, les trois partis majeurs de l'opposition, Fcbe de Yayi Boni, Usl de Sébastien Ajavon, et Re de Candide Azannaï ont effectué une sortie musclée dans la soirée de ce jeudi 21 février 2019 au Codiam de Cotonou.

On retient pour l'essentiel que les conférenciers ont procédé à une déclaration conjointe sanctionnée par un ultimatum. En effet, par le truchement de leur porte-voix, l'honorable Atchadé, ils donnent jusqu'à 12 heures au plus tard ce vendredi 15 février au ministère de l'intérieur pour se rebiffer. Cela consiste à les rétablir dans leur droit en leur délivrant purement et simplement le fameux 'certificat de conformité' querellée, document qui n'existe pas dans la loi mais "inventé" par la Cour constitutionnelle qui a à sa tête Me Djogbénou. Ils l'exigent ainsi gravement parce qu'ils estiment avoir franchi toutes les étapes indiquées par la loi et fait tous les réglages necessaires que le ministère leur a suggérés à maints reprises. Comment dire alors aujourd'hui que ces partis ne remplissent pas les critères fixés par la loi et en arrivé à une outrecuidance; celle de les extirper du jeu électoral en préparation et qui plus est les partis phares de l'opposition. C'est du jamais vu. C'est également un mauvais précédent contre la démocratie béninoise ainsi que contre la stabilité politique tant préservée jusqu'ici. Par conséquent, ils menacent de défier le pouvoir si le certificat dont ils sont censés bénéficier ne leur est pas délivré dans cette deadline qu'ils ont fixée. Au cas contraire, il faut que les auteurs d'un tel acte d'ostracisme s'apprêtent à être responsables des ' déconvenues qui découleraient' de ces agissements très gauchissants. Attitude qui évidemment ternit l'image de marque de laboratoire de la démocratie en Afrique. Car au-delà de tout, nous ne voulons pas des forces des Nations-Unies chez nous. Pour cette raison, le pouvoir Talon gagnerait à se rachèter. Et le plus tôt serait le mieux. Car il est inadmissible qu'on assiste à ce genre de balbutiement après plus d'une décennie d'expérience démocratique. Autant le pouvoir Talon doit s'approprier des acquis de l'historique et inégalable conférence nationale de février 90 pour gérer les affaires politiques dans l'orthodoxie qu'il sied, mieux les partis victimes doivent privilégier les voix de recours exemptes de violence. Parce qu'après tout, ici c'est le Bénin et nul n'a le droit pour rien au monde de poser des actes attentatoires à sa stabilité. D'entrée rarissime obtenue grâce à la hauteur d'esprit des pères fondateurs de notre démocratie ainsi que tous ses architectes. Alors, la psychose qui taraudé les esprits et suscite une interrogation forte : Jusqu'où veut nous conduire ce pouvoir dit de la Rupture ? A force de poursuivre un animal qui voit qu'il n'y a plus d'issues pour s'échapper, il fait fasse à son bourreau, entend t-on dire en langue nationale. Attention les gars !
Voici l'intégralité de leursdéclaration conjo
Chers compatriotes, notre démocratie est fortement en danger. Et pour cause, tous les partis politiques de l’opposition viennent d’être arbitrairement exclus de la course aux élections législatives d’avril 2019. Il nous était revenu hier jusqu’à 18 heures que tous les partis politiques ayant déposé leurs dossiers de mise en conformité sont tous éligibles et en instance d’obtenir le fameux certificat de conformité et le récépissé provisoire. Contre toute attente, il nous a été demandé de passer dans la matinée de ce jeudi 21 février 2019, pour retirer un courrier nous notifiant notre exclusion du processus électoral en cours à travers une décision politique basée sur des motifs infondés qui ne figurent pas parmi les multiples observations à nous notifiées et auxquelles nous avons donné entière satisfaction.
Chers compatriotes, qu’il vous souvienne qu’à travers plusieurs sorties médiatiques, nous avions dénoncé et rejeté, le certificat de conformité inventé de toutes pièces par la cour constitutionnelle de DJOGBENOU comme étant un acte illégitime et illégal parce que ne figurant dans aucune loi électorale au Bénin. Au grand dam de tous, le ministre de l’intérieur, pour des raisons infondées et parfois en référence à des articles inappropriés, délivre aux trois partis de l’opposition, en l’occurrence, USL, RE et FCBE, un certificat de non-conformité, synonyme de leur exclusion pure et simple de la course aux législatives d’avril 2019.
En effet, le gouvernement TALON, à travers son ministre de l’intérieur n’a délivré le certificat de conformité qu’aux seuls partis de la mouvance présidentielle.
Par cet acte, le pouvoir TALON empêche le peuple souverain de choisir librement ses représentants à l’Assemblée Nationale. Il n’accepte aucune compétition.
En conséquence, le gouvernement TALON veut imposer à tous les Béninois et à toutes les Béninoises, ses députés godillots qui continueront de voter les yeux fermés des lois liberticides anti-démocratiques et contre le peuple béninois.
Face à cette situation, les partis politiques de l’opposition notamment, USL, RE, FCBE, PCB, dénoncent avec fermeté cet acte anti-démocratique qui relève d’une période révolue.
Les partis de l’opposition informent le président TALON qu’il se trompe d’époque et de pays.
Ils appellent le peuple souverain à se mobiliser pour rétablir, par tous les moyens légaux, notre démocratie chèrement acquise et respectée.
En tout état de cause, le gouvernement TALON sera tenu pour responsable des déconvenues qui découleraient de cet acte odieux et anti-démocratique, si au plus tard demain vendredi 22 février 2019, à 12 heures, les partis politiques de l’opposition ne sont pas rétablis dans leurs droits.
Vive la démocratie
Vive l’opposition
Que Dieu préserve notre cher pays le Bénin.